Le projet des terrasses
Retenue à la suite d’une consultation internationale en 2002, l’équipe d'urbanistes Treuttel-Garcias-Treuttel a conçu un projet de recomposition urbaine autour de vingt terrasses paysagères, qui partent de l'Arche pour rejoindre la Seine. Telle une colonne vertébrale, ce vaste espace public recrée des connexions latérales entre les quartiers et restaure les liens avec Paris et la Seine.
En retrouvant le sol naturel, les Terrasses révèlent le paysage et composent avec le dénivelé de cinquante mètres qui sépare la Seine et l'Arche. La construction, côté sud, participe à la conception d'un espace dissymétrique avec une partie piétonne, une partie voitures et une partie plantée, créant un système paysager accueillant. Le bâti participe ainsi à la clarification de la lecture du lieu, les nouveaux immeubles ayant tous, depuis l'Arche, la même hauteur pour une meilleure vision du paysage.
Le projet des Terrasses 12 à 17 crée un aménagement de caractère pérenne et inaliénable, qui répond aux multiples enjeux environnementaux et favorise son appropriation par les habitants. La séquence des Terrasses 12 à 17 forme un grand rectangle de 665 mètres de long entre la rue des Sorins et la place Nelson Mandela et de 124 mètres de large du boulevard des Bouvets au boulevard Pesaro.
Cinq bandes parallèles correspondent à cinq aménagements différents :
le nouveau boulevard Pesaro, de 22 mètres de large, avec un alignement de tilleuls et de candélabres, une voirie double sens avec stationnement, un trottoir doté d’une piste cyclable,
la noue, large de 7 mètres, jardin densément planté, inaccessible au public,
les terrasses plantées sur 30 mètres de large, avec des traverses pour la circulation perpendiculaire,
la promenade piétonne, de 20 mètres, qui propose un double parcours le long des Terrasses,
le long de chaque nouvel immeuble, les escaliers qui redonnent une horizontale propice au développement de rez-de-chaussée commerciaux.
Les îlots constructibles, de 98 mètres par 24 mètres, répondent à des prescriptions urbaines spécifiques : alignement obligatoire en rez-de-chaussée, obligation de retraits dans les étages, protection climatique par marquise…
La déclivité vers l’Arche confère à la terrasse 12 un statut de belvédère à la fois vers la Seine et vers l’Arche. Les 7 mètres de dénivelé dégagent en façade une surface bien située pour une commercialisation, et sont l’occasion de développer un escalier monumental.
La gestion des eaux est une contrainte enrichissante du projet. L’eau de pluie est récupérée et stockée après filtrage, pour l’arrosage, évitant le rejet des engrais à l’égout. Une surverse vers la noue permet de retenir quelques heures les eaux d’orage afin de maîtriser les débits vers les réseaux d’assainissement publics.
- Seine-Arche à Nanterre : Terrasses pour ville majeure - Hors série Traits urbains - Editions Innovapresse - juin 2008, 25€
- Actes du colloque "Espaces publics contemporains : Comment les concevoir, les gérer et les rendre attractifs ?"
- Espaces publics contemporains : comment les concevoir, les gérer et les rendre attractifs ? - Hors série Traits urbains - Editions Innovapresse - mars 2010, 25€

















